Propagande, aimez la mais méfiez vous en :

 

Les gens qui liront cet article auront je crois deux ou trois types de réactions : ou la réaction primitive, qui consiste à dire : il n’est pas aligné sur la dissidence, c’est un atlantiste et agent du gouvernement, d’autres diront que je suis un sceptique (la bonne réponse)… en fait il n’y a pas deux ou trois réactions, mais autant qu’il y’ a de lecteurs.

Pourquoi y’ a t-il propagande?:

Je peux lire à peu près partout sur le net, là où les internautes peuvent commenter des articles ou des vidéos, des lamentations concernant ce que disent, ce que prétendent les média (sans « s ») dits dominants. Il est vrai que les média dominants le sont justement parce qu’ils reçoivent des subventions du gouvernement, et les plus grands menteurs sont aussi les plus subventionnés (Figaro, Le Monde, Le Point…), même des journaux comme l’  « Humanité », qui déverse chaque jour un torrent de boue gauchiste reçoit des subventions du gouvernement. Mais si on réfléchit de façon pragmatique, il est normal que ces torchons quotidiens fassent l’éloge de leur bienfaiteur, l’État tentaculaire dont les membres forgent les consciences. Donc finalement, rien d’anormal dans la propagande. Surtout que ces subventions allouées renferment une convention tacite : on vous finance, mais vous ne nous critiquez pas pas trop, juste assez pour donner l’illusion de la liberté de la presse et du pluralisme démocratique. Par contre, des journaux vraiment opposants reçoivent peu ou pas du tout de subventions du gouvernements (je pense à l’action française, journal fétiche des réactionnaires et liberticides). A cela se rajoute évidemment les média audiovisuels qui sont financés carrément par des boîtes du CAC 40, comme Vinci qui sponsorise les JT de TF1 et nous montre une non réalité tous les jours à heures fixes, très efficace pour formater les esprits :habitude et répétition, comme des bêtes de somme. Ce qui paraît logique si on se place dans leur optique : nous sommes assez puissants pour faire infléchir un État, alors ils nous laissent une bonne marge de manœuvre pour nous glorifier tous les jours. Encore une chose, les journalistes « vedettes » de ces piliers des média connaissent personnellement les hommes politiques de l’UMPS, qui sont grâce au très français système de reproduction des élites, des amis de promos ou des copains de jeu des beaux quartiers.

Réjouissez-vous, vous qui vous proclamez dissidents:

En effet, la propagande n’en devient une qu’à partir du moment où une alternative se développe, sinon elle est vérité simple et évidente. C’est pourquoi la propagande est utile et qu’il faut l’aimer, c’est parce que ça veut dire que nos cerveaux ne sont pas complètements éteints, qu’ils sont encore sensibles à d’autres influences que celle de l’État. Nous devons remercier pour ça des gens qui se pensent au dessus de la moyenne intellectuelle en créant une autre propagande, la leur, qu’ils présentent à leurs tours comme la « vérité vraie », tout simplement parce que diamétralement opposée à la parole officielle. Si il faut remercier ces pédants pour avoir eu l’audace de créer un contre mensonge utile, il ne faut surtout pas féliciter ce qui suivent aveuglément ces forgeurs de contre opinions, car ils sont autant serviles et embués que le sont les téléspectateurs qui suivent les JT et émissions de « débat » sans réfléchir à la télévision. Sauf que ces fidèles des contre mensonges (on ne peut pas parler de vérité dans un cas comme dans l’autre) se font passer pour plus malins qu’ils ne sont, car ils prétendent que leurs esprits sont illuminés juste parce que l’obscurité dans laquelle ils sont est différente de celle où les autres sont, ils n’ont en fait jamais connu la lumière de la vérité, mais juste connu deux obscurités. D’ailleurs, certains faiseurs de contre opinions sont si influents sur plus faibles qu’eux qu’ils en deviennent eux mêmes les dépositaires de la version officielle de la subversion. On est enfermé, pris en étau, entre deux mensonges officiels : celui du gouvernement, et celui des « dissidents » (vous aurez compris les 3 / 4 personnes auxquels je fais référence, dont un est belge, l’autre est chauve, un autre a pompeusement pris pour baptiser son réseau le nom d’un écrivain du 18ème).

 

Parce que la propagande signifie que l’État ne nous a pas encore totalement soumis :

c’est là où je veux en venir. Tout le monde s’accorde à dire que la propagande c’est du bourrage de crâne. Or si on se figure cette métaphore, que nous-dit elle ? Que l’État nous bourre le crâne jusqu’à temps qu’il n’y ait plus de place pour la moindre parcelle de réflexion libre dans nos esprits, une fois cet objectif acquis, car c’est bel et bien l’objectif par tous les États centralisateurs à outrance (on centralise les pouvoirs, et le modelage des esprits en supprimant tout ce qui peut être original), la propagande n’a plus lieu d’être puisque la formation des esprits est achevée. Ainsi, tant qu’on subira la propagande, cela voudra dire que nos esprits ne sont pas libres, c’est absolument impossible, personne n’a la force d’esprit nécessaire pour une telle libération (sauf les anarchistes individualistes = Stirner, ou les égoïstes rationnels = Ayn Rand – entre autres -), mais du moins encore sensibles à d’autres propagandes alternatives que celle servie par le pouvoir représenté par l’État.

Méprise sur les propagandes :

Pourquoi nos esprits, mêmes soumis à une propagande alternative, ne sont pas des « libres penseurs » comme ils se nomment pompeusement. Tout simplement parce que tout système de pensée, aucun n’échappe à cette règle, qui tend à englober l’homme dans un groupe et non pas à le considérer comme souverain de lui même tue dans l’œuf sa liberté. Or, la propagande officielle, qu’elle soit du gouvernement, ou de la « dissidence » est doublement liberticide. D’une part, elle nous empêche de réfléchir, car elle ne nous présente pas des faits mais une interprétation des faits, le gouvernement nous dira que la faute de nos malheurs est celle des extrémismes de touts bords (qu’ils soient religieux ou politiques, ou encore les deux à la fois) et nous incite à rester dans un moelleux consensus politiquement correcte et de rester dans le rang pour ne pas fricoter avec lesdits extrémistes. Les dissidents ont les même méthodes à savoir, refuser de prendre les taureaux par les cornes et de eux aussi trouver un bouc émissaire : un bras « officiel » des comploteurs : les U.S.A. Et leurs alliés de la très néfaste (et là je suis d’accord avec les dissidents) O.T .A.N., et un bras plus sournois car dispersés et protégés par un système qu’ils ont eux même établis, les juifs sionistes. Cette interprétation, la théorie du complot, est elle aussi une interprétation préconçue des faits qui nous dispensent d’une double mission sacrée : celle de notre souveraine réflexion, et celle de nous remettre en question, car la faute vient d’un autre, nous ne sommes que des victimes. Mais la propagande qu’elle soit gouvernementale ou « dissidente » est dans les deux cas néfastes à la liberté : ce n’est parce que l’État notre tentaculaire bienfaiteur et sondeurs des consciences qui nous vend des idéaux pervertis de démocratie et de liberté nous dit quelque chose que c’est la vérité. Et ce n’est pas non plus parce que j’ai choisi des chaînes de l’esprit d’un maître qui s’oppose à celui que j’ai déjà que je suis libre. En effet, les propagandistes de tout d’abord nous enferment dans leurs diverses interprétations. Elles tendent à nous inclurent dans un tout systémique qui ne laisse aucune place à notre individualité souveraine. Ces procédés, en apparence différents mais au fond les mêmes nous classent d’un côté ou un autre sans nous laisser la volonté de choisir selon un système binaire qui nous place toujours du côté du bon et l’adversaire du mauvais, et cela recouvre quelques termes clés, martelés d’un côté comme de l’autre : prolétariat/bourgeoisie, civilisés/barbares, moutons/libres penseurs, propagande/vérité, victime/coupable. En somme, les propagandistes, clivent le monde de façon simple en nous empêchant de choisir notre voie propre.

Pour conclure je dirais qu’il n’y a de vérité que celle qu’on se choisit soi même, seul, éventuellement par l’échange dans des associations volontaires de quelques individus tant qu’ils s’éclairent mutuellement. Mais le plus grand danger est celui qui nous classe et nous formate, qu’ils soient du gouvernement ou de ladite dissidence, j’en veux pour preuve les clivages gauche/droite/centre/centrisme extrême.

 

Mutations politiques (2) : l’émergence du chaos frontiste

Comme je l’ai mentionné dans le précédent article, on peut pressentir une faillite finale des partis traditionnels. Mais la nature a horreur du vide, et elle cherche toujours à le combler. En effet, théoriquement, le centre gauche et le centre droite vont peut être laisser un vide considérable au sein de l’espace politique. L’extrême gauche est-elle trop faible depuis longtemps et ne peut pas prétendre réunir la France en un tout homogène. Mais un autre parti, d’extrême droite lui prétend pouvoir le faire, et si on en croit ses résultats toujours plus impressionnants en prend malheureusement le chemin.

Le Front national dans son nom même se pare de la tentative de réconciliation nationale. En effet les deux termes font la synthèse entre la gauche et la droite. Le mot front prend ici la dimension de la gauche. Les fronts ont été au long de l’Histoire un terme utilisé par les mouvements de gauche, en réaction au danger fasciste. Je pense notamment au Front Populaire français des années 30 qui a formé une coalition puissante en réaction aux Ligues fascistes. Le mot front d’ailleurs renvoie à l’idée d’ensemble, d’annulation de l’individu au profit d’un tout qui le dépasse, hors l’annulation de l’individu au profit d’un ensemble plus grand que lui est typique de la gauche (je pense au communisme selon lequel l’individu ne compte pas, seule la classe à laquelle il appartient compte). Politiquement, le front renvoie à l’idée de défense en front, de type front guerrier, afin de défendre les principes républicains, contre les assauts de la réactions. Ce qui s’est justement passé en 1934 quand la gauche s’est unie (pour une fois) contre la menaces des ligues réactionnaires en plein essor, comme dans les autres pays d’Europe occidentale. Cette dimension gauchiste se retrouve aussi dans la défense du travailleur contre le capitalisme international qui ne répond qu’aux intérêts du profit de la classe capitaliste bourgeoise. Par exemple, les premiers à s’être insurgés contre les grandes structures capitalistes tels que les supermarchés sont les poujadistes, dont Jean Marie Le Pen a été un des fidèles. Il s’oppose également au capitalisme de la finance, qui menace les acquis sociaux des travailleurs au profit d’une classe oisive de patrons des plus grandes multinationales sur la planète.  Le front national porte donc en lui une dimension de gauche.

Mais classer le front national à gauche serait une hérésie, car elle a véritablement une dimension de droite, la dimension nationaliste. Ici c’est clair la dimension nationale est clairement affichée c’est un front « national ». Le nationalisme s’oppose à la gauche, car depuis la révolution française, la gauche révolutionnaire se prévalait de valeurs à vocations universalistes, telles que la raison contre le mysticisme d’ancien régime. le nationalisme, à contrario de la gauche défend des valeurs locales, ainsi la France selon le nationalisme a des particularismes et ne saurait disparaître et renoncer à valeurs locales au profit d’un ensemble régit par des valeurs universelles. Ce nationalisme est aussi celui de la différence au nom des peuples. Le Front national porte en lui des valeurs culturelles et dans une certaine mesure culturelle. En effet, le front national prône la préférence nationale à l’emploi (donc la synthèse de la gauche du travailleur et du nationalisme du français), la lutte contre l’immigration, qui est une valeur locale, la France aurait donc une dimension ethnique. Mais aussi le front national porte en lui un nationalisme culturel, ce qui se montre par la lutte contre la prétendue « islamisation » de la France, qui est néfaste selon eux car la France est certes traditionnellement catholique. Le Front national est donc non seulement de gauche mais aussi de droite en référence à son nationalisme ethnique et culturel.

Mais pourquoi parler de chaos quand je fais référence à l’émergence du Front National ? Parce que les régimes qui ont prétendu faire la synthèse des valeurs de la gauche et de la droite, on retrouve les régimes totalitaires des années 20 à 30. En effet, en Europe on a vu l’émergence en Italie du fascisme, du national-socialisme en Allemagne, du Communisme dans un seul pays en URSS. En ce qui concerne l’Italie, Mussolini a fait la synthèse de la droite corporatiste et réactionnaire, mais a aussi accordé des acquis sociaux aux travailleurs italiens. Le National Socialisme allemand a lui aussi opéré cette synthèse, car il était national et socialiste donc de gauche et de droite. L’URSS de Staline était lui aussi une synthèse comparable, entre le communisme (de gauche) dans un seul pays (donc nationaliste de droite). Or on connaît les dangers que représentent ces synthèses politiques.

 

PS :  cette théorie de la fusion de la gauche et de la droite dans les régimes totalitaires sont à mettre au crédit de l’Historien Fabrice Bouthillon enseignant à l’UBO (pôle de Brest), spécialiste de l’Histoire religieuse et politique, depuis la révolution française et se base notamment sur le temps long.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Bouthillon

une citation de Jean Marie Le Pen trouvée sur Wikipedia

 En France, Jean-Marie Le Pen déclare par exemple être « économiquement de droite, socialement de gauche et nationalement de France » 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite

Mutations politiques ? (1) La faillite finale des partis traditionnels ?

Ces quelques dernières semaines m’ont fait pensé à un crépuscule des Dieux, l’Olympe des partis historiques et prépondérants s’effondre, leurs élites, ces Dieux du système tentent de sauver les apparences mais personne n’y croit plus. Mais la nature a horreur du vide, alors que l’équilibre ancien en politique s’effondre, un autre système risque (risque) de prendre sa place, guère plus enviable.

Les élections européennes, la faillite du socialisme de caviar :

Le Parti Socialiste s’est pris une raclée aux élections européennes. Cette défaite du parti socialiste c’est celle de l’Union Européenne telle qu’elle est proposée actuellement. Elle est trop technocratique, trop éloignée de la réalité et du concret. Le parti socialiste n’a plus rien de gauchiste. Tout d’abord, il ne répond plus à l’intérêt général, mais aux intérêts particuliers, des lobby élitistes et influents, donc un procédé de droite, celui de la nouvelle oligarchie. Ensuite, le parti socialiste, qui à sa création prétendait défendre les travailleurs,si tant est que le socialisme représente les travailleurs, ne répond justement plus aux intérêts des travailleurs, qu’ils soient employés ou travailleurs/propriétaires, autrement dit du sain capitalisme. Le parti socialiste se plie aux exigences du lobby du grand patronat (MEDEF), qui vivent sur le travail des autres, par le système de rente ou d’actionnariat et non de leurs labeurs. Le parti socialiste a failli dans la prétendue mission qui était la sienne, défendre le bien de la société, le bien général, mais bascule dans la mauvaise droite, une droite de l’oligarchie nouvelle. Le camouflet qu’ils ont reçu aux dernières élections (européennes) n’est que l’éclaireur de la raclée qu’ils se prendront aux prochaines échéances électorales. Voyant qu’il perd la main, le gouvernement socialiste a nommé en premier membre du gouvernement Manuel Valls, un homme autoritaire qui entend, à défaut de reprendre le combat de la légitimité serrer la vis à la société au détriment de la liberté. Si on veut résumer on peut dire ceci: le socialisme, une imposture en soi, s’est écarté de son pendant de gauche : défense des travailleurs ou petits propriétaires, soucis du bien commun au profit des intérêts particuliers, et les libertés, surtout celle d’opinions et de paroles ont été tronquées, préférant abattre les libertés individuelles plutôt que de laisser le Peuple se responsabiliser et comprendre de lui même ce qui est bon de ce qui ne l’est pas.

La chute de l’UMP : la chute du pognon 

L’UMP, comme son homologue socialiste a connu un sévère désaveu lors des élection européennes, Le Peuple est exaspéré par ce parti, celui du capitalisme débridé, de l’argent sale, de la richesse vulgaire. L’UMP c’est le parti de l’élite de l’argent, de la finance, du capitalisme vulgaire et non honnête. Le Peuple se rend peu à peu compte que cette faction ne peut plus représenter les intérêts du Peuple mais celle d’une caste privilégiée. Cette caste privilégiée, les gens la soupçonnent, comme c’est la tradition en France dès que quelqu’un a « réussi » d’être malhonnête. C’est le cas, l’UMP, sauf peut être Alain Juppé, plus honnête que les autres, a des méthodes douteuses pour accéder au pouvoir, ne croyant qu’en le pouvoir de l’argent sale. On soupçonne Sarkozy d’avoir reçu des soutiens financiers de Kadhafi*lors de sa campagne électorale, ce même personnage arrogant et orgueilleux, que le président autorise à installer suite à un caprice infantile sa tante dans les jardins de l’Elysée en signe de gratitude. Puis quand interviennent les troubles en Libye en 2011, l’UMP s’insurge contre le dictateur, une preuve que l’amitié ne compte pas, qu’elle est à géométrie variable, que seul l’argent compte. L’ UMP serait-elle donc la faction de l’aristocratie ? Non, car l’aristocratie signifie « gouvernement des meilleurs », or les meilleurs ne se laissent pas salir par les basses choses comme l’argent, or, l’argent sale est une tradition dans l’UMP. Preuve en est avec l’affaire Bygmalion** Encore une fois l’UMP pour la course au pouvoir est prêteà avoir recours à des méthodes douteuses. Le Parti aurait demandé à la société créée par Jean François Copé de facturer des meetings n’ayant jamais eu lieu afin de cacher les dépassements autorisés d’argent pour une campagne électorale présidentielle. Une autre affaire écœurante d’argent. Le Peuple se détourne aussi de cette faction, qui après la crise économique de 2008 brasse et fricote avec des hommes qui brassent eux aussi des quantités effrayantes d’argent au sein d’un pays qui s’appauvrit, le Peuple rejette cette oligarchie du fric, et cela se ressent à travers leurs résultats calamiteux aux élections européennes, annonçant le désastre à venir.

Quelques liens pour ne pas me faire attaquer en diffamation:

* sur les soutiens de Kadhafi à Sarkozy:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sarkozy-Kadhafi

http://www.mediapart.fr/journal/international/120312/presidentielle-2007-kadhafi-aurait-finance-sarkozy

** sur l’affaire Bygmalion, l’enquête est en cours, prendre les renseignements avec précautions:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Bygmalion

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/05/26/l-ancien-directeur-adjoint-de-la-campagne-de-sarkozy-reconnait-des-derapages-financiers_4426520_823448.html

Sur le système éducatif (1) : les petites classes

 

L’école de la République comme les tenants et bénéficiaires du système l’appellent est en fait l’école de la servilité, du privilège, elle forme année après année, des esclaves et des maîtres.

 

 

Sur le système de notation :

La France est le pays de la note chiffrée, un procédé odieux qui consiste à évaluer par un chiffre la connaissance d’un enfant dans une discipline particulière, ainsi la capacité à ingurgiter et à recracher le cours d’un professeur est la marque du succès à l’école. Et la graduation de cette notation est un crime contre les enfants perpétré chaque jour par cette caste arrogante et toute puissante que l’on appelle « professorat ». En effet, un enfant qui par malheur obtient moins de 10/20 ou 5/10 est un enfant en dessous de la moyenne, mais là où c’est le plus effrayant c’est que si l’enfant a un zéro, ce n’est plus sa copie qui est notée mais l’enfant qui est jugé, l’enfant est un zéro, l’enfant est nul comme son score à l’examen. Bref, le système de notation note l’enfant, pas sa copie. L’écart entre deux notes est en lui même alarmant, il créé l’inégalité des chances dès le plus jeune âge, un enfant qui a eu 20 aura plus de chance à aller en classe « supérieure », celui qui a eu 0 aura plus de chance de redoubler, ou alors de stagner, question de point de vue. La notation chiffrée c’est peut être un des pires crimes de cette « école de la République ».

La notation chiffrée est comparable à celle des petites gommettes de couleurs, dans les écoles maternelles, qui consiste, comme la notation chiffrée à juger un enfant par une couleur. C’est odieux sur deux points, d’une part parce que ça rend l’enfant primaire, ça l’empêche de réfléchir de penser sa note mais ça lui impose un jugement simple, froid, autoritaire, qui consiste à dire : rouge = pas bien, vert = bien, l’enfant est donc dressé à comprendre comme un chien, sur un système binaire au pire, tertiaire au mieux. Le code couleur est lui aussi insupportable, et là je songe surtout à la couleur rouge, parce que l’enfant qui a eu une mauvaise note se voit attribuée la couleur rouge, la couleur rouge qui est celle du châtiment, de l’enfer, du sang, puisque modeler l’esprit de l’enfant ne suffit pas, il faut aussi s’attaquer à son inconscient.

Sur les rapports école/domicile : la hantise du mauvais bulletin.

Je vais exposer ici un fait qui est lié au système de notation. Le domicile des parents est (sauf exceptions) censé être un refuge pour l’enfant, le lieu où il sera au chaud, nourri protégé des périls de l’extérieur, dont le système éducatif. Or avec ce système de notation et de l’échelle de valeur de l’enfant qui lui est associée, le domicile devient une source de crainte supplémentaire. Quand l’enfant rentre avec un bulletin scolaire piteux parce que les maîtres (mot on ne peut mieux adapté) ont décidé de saccager son moral, alors l’enfant craint de retourner dans son foyer. Il a peur et il a raison d’avoir peur, parce que ce petit être fragile à la conscience malléable craint une double sanction. La première c’est celle de l’école, il a perdu l’estime de son professeur, et il va bientôt mettre ses parents en colère, et comble de l’horreur de cette machine à esclave, c’est qu’il va se sentir coupable de rendre ses parents tristes, inquiets pour son avenir, et dans le pire des cas en colère. L’enfant n’est plus protégé par les murs de son foyer mais une seconde fois livré en pâture, parce que ses parents, eux même dressés par cette école à esclaves/maîtres croient au jugement criminel de cette caste d’usurpateurs appelés maîtres.

Sur les rapports école/domicile : l’inégalité jamais résorbée :

Cette inégalité est peut être l’erreur fondamentale du système éducatif. Quand les troubles de 1789 ont éclatés, l’idée était de jeter à bas les privilèges de la noblesse, donner à chacun des chances égales en vertu de son talent et de pas de son sang, de son rang de son blason, ainsi a été créée l’école Polytechnique qui s’opposait aux monarchistes de Saint-Cyr. Or quel est le constat, les enfants bien nés, fils de professionnels libéraux, de médecins, chirurgiens, cadres et hauts fonctionnaires (!!!) réussissent mieux que les enfants du nouveau Tiers États, celui des chômeurs, ouvriers, petits employés. Il y ‘a donc une contradiction interne entre les valeurs de l’école, et celles de la République, on ne peut pas parler d’école de la République quand on réussit ou on sombre en fonction des privilèges non plus de l’ordre mais du statut social. Cette inégalité prend ses sources au domicile et se reproduit à l’école, en cours et en récréation. D’une part en cours, un enfant qui a des parents riches peut avoir a disposition des professeurs privés, des précepteurs, des cours particuliers, ils pallient aux lacunes accumulées à l’école et lui permettent de retrouver le « niveau » exigé par le système éducatif. Mais un enfant d’ouvriers lui n’a pas cette chance, ce luxe, ses parents si ils n’ont pas fait d’études supérieures voire commencé à travailler dès 16 ans ne peuvent pas lui apporter eux même leurs soutiens, mais ne peuvent pas non plus se permettre de lui offrir des cours particuliers hors de prix décents. Mais cette inégalité est aussi matérielle, un enfant bien né a plus de facilités matérielle qu’un enfant pauvre, il a sa chambre pour lui tout seul (ce n’est pas le cas pour tout le monde), il a du matériel de meilleure qualité (d’autant que les bourses de rentrée scolaire sont pour tous les enfants, elles creusent l’inégalité), son bureau. Un enfant pauvre ne jouit pas de tous ces privilèges, il est aussi parfois pour les plus pauvres tiraillé par la faim, l’inquiétude des lendemains difficiles, l’insécurité du lendemain, ce qu’un enfant bien né aura la chance de ne jamais connaître. Enfin dernier aspect de l’inégalité en cours, ce sont les activités para scolaires, elles développent indirectement l’inégalité, elles donnent une méthode et un rythme de travail supplémentaires (entraînement, compétitions). Un autre privilège réservé aux biens nés, d’autant que les activités les plus bénéfiques sont hors de prix décents (je pense à la musique, en particulier piano et violon).

En ce qui concerne les inégalités dans la cour de récréation, elles sont certes démontrées par les enfants mais la conséquence de l’éducation délivrée par les parents, ainsi un pauvre qui est habillé de guenilles courbera l’échine face à un enfant habillé en marque de la tête au pied. Si il est impossible de blâmer les enfants ce sont les parents les fautifs, car il apprennent à leurs enfants à juger selon l’apparence, évaluer la valeur de l’être humain en fonction du prix de ses défroques. Cette remarque vaut aussi pour les débats de récréation concernant les métiers des parents. Un enfant dont les parents ont un métier reconnu aura plus d’aisance et d’aplomb qu’un enfant dont les parents sont chômeurs, l’enfant de chômeur n’a plus que la défensive comme rempart à l’arrogance de l’enfant de médecin ou de prof qui n’est que la victime de l’éducation de ses parents.

Sur le professorat :

On a coutume de dire que les professeurs sont innocents dans l’inégalité chronique du système éducatif, qu’ils ne sont que les exécutants, qu’ils font ce qu’on leur demande, un peu comme si ils étaient de bons soldats mal commandés. C’est faux, les soldats eux doivent obéir car la sanction en cas de désobéissance c’est la cour martial, les professeurs eux pourraient avoir le moyen de donner à chaque enfant les instruments de la liberté, à commencer par leur apprendre le refus de la servilité, mais le système éducatif a fait du métier de professeur le plus laid du monde. En effet, les profs se comportent comme plus tard le dominant se comportera avec le dominé. Le dominé doit apprendre à ne jamais contredire son maître, voire même à se taire quand il a tort par crainte de la sanction, car le système est fait de tel manière que le rang prime sur la liberté, y compris de penser. Ainsi un enfant devra se faire tout petit devant son maître, se taire quand il a raison, accepter sans réfléchir ce que dit le prof. Avoir raison face à un professeur ne sert à rien, parce que la vérité « vraie » n’existe pas à l’école, c’est la version du prof qui compte car c’est celle du pouvoir. D’ailleurs, toute tentative de tenir tête à un prof quand on est dans son bon droit relève de la sédition, ou plutôt de l’insolence dans le cadre de l’école primaire et du collège. D’ailleurs tout manquement à déférence réglementaire entraîne des sanctions. Je pense aux carnets à points (ce que j’ai connu), ce sont en somme des casiers judiciaires à l’intérieur même de l’école, la retenue après les cours relève de la prison ferme, l’avertissement relève du rappel à la loi. En somme le professeur use et surtout abuse de son autorité, au lieu de créer le goût de la liberté, il enseigne la sanction, la servilité, la crainte.

 

Pourquoi soutenez vous Poutine en Crimée ?

Un choix rationnel ?

A vrai dire je ne le pense pas, une personne censée ne soutiendrait pas Poutine, non pas qu’il soit en droit ou non d’annexer la Crimée, la question n’est pas là. Mais parce que c’est une solution de défaut, à vrai dire un aveu de faiblesse, la situation lui échappe, il voulait surtout se venger des discussions UE/Ukraine en vue d’une éventuelle adhésion, ce qui limiterait l’influence russe en Ukraine. Poutine en envahissant la Crimée perd le reste de l’Ukraine, fragilise son projet d’union douanière eurasiatique dont il a cruellement besoin pour faire face à la Chine et à l’UE. De plus son projet d’annexion, est vécu comme une ingérence par la Chine, qui ne ressent pas l’envie de voir les russes dans les affaires ukrainiennes car ils ont besoin de leur blé, si la Chine n’a pas condamné l’action de Poutine, car elle se rangerait du côté américain, elle s’est contentée de s’abstenir. De plus, pour les autres petits pays dans la sphère d’influence russe ils ont appris qu’éjecter un gouvernement pro-russe donne la possibilité de sortir de sa sphère d’influence, au moins pour une partie du territoire. En somme la Russie par cette démonstration de force montre qu’elle perd la main sur son Empire. Alors pourquoi soutenir Vladimir Poutine et son intervention en Crimée ?

Parce que Poutine :

Parce que Vladimir Poutine est un président que beaucoup aimeraient avoir. En effet, lui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait, il ne cache pas son jeu et laisse clairement entendre son opinion quand il le veut. Cela change de notre chef d’État, petit, grassouillet, faible et adultère. Parce que Poutine c’est un chef un vrai, il commande et on obéit, il ne bafouille pas d’une voix fluctuante sur une estrade comme François Hollande, non Poutine parle d’une voix grave, sobre et assurée quand il répond aux journalistes sur l’intervention en Crimée. Poutine est donc un chef d’État, plus au sens de chef que d’État, tandis que les dirigeants occidentaux sont plus des serpillières sans envergures selon les soutiens de Poutine. Ensuite, soutenir Poutine, c’est soutenir la virilité. Parce que Poutine si on en croit la propagande du Kremlin c’est un mâle, un vrai, il chasse, pêche, fait du cheval, toutes ces choses qu’un homme digne de ce nom doit savoir faire, braver les éléments. Nos chefs d’États à nous par contre ce sont des moitié d’hommes, voire pas du tout. Ils sont faibles, parce qu’ils sont « normaux », ou alors ils jouent au basket (Obama) au lieu d’aller chasser le cerf. Ensuite, ils sont tout sauf viriles, ils se plient aux ordres du lobby féministe (Fourest et compagnie), et font de la « first lady » une quasi superstar, ils donnent à nos pays l’image de pays décadents qui perdent leur force pour la bien-pensance, Poutine non, c’est la Russie virile, celle de l’acier des blindés qu’il montre. Pour résumer, ce que les soutiens (parmi les gens de touts les jours) aiment, c’est le fait qu’il montre qu’il n’est pas comme les autres chefs d’États, il est CHEF D’ETAT, donc un homme au sens symbolique, à la tête d’un pays, pas un politicien mis à son poste par les lobbys.

Parce qu’il donne le sentiment que tout le monde est unanime derrière lui

Je dis bien derrière lui, en face c’est une autre histoire. En effet, son projet d’invasion, puis d’annexion de la Crimée se pare de l’habit du consensus. Grâce à cette intervention en Crimée, Poutine a uni, cimenté sa nation (ou du moins c’est ce qu’on nous raconte). Par exemple la Douma a voté à la quasi unanimité pour l’invasion de la Crimée, puis elle a voté toujours à la quasi unanimité le texte qui officialise son rattachement à la Russie. En plus de cela les russes de Crimée ont accueilli Poutine comme un sauveur, l’homme qui vient les libérer de l’emprise ukrainienne et sauver leur langue, ainsi ces russes de Crimée ont soutenu les forces russes camouflés en ukrainiens pro russes. Enfin, le référendum tenu récemment créé aussi la quasi unanimité dans la province et légitime d’autant plus l’opération. En fait ce que les soutiens de Poutine veulent c’est ressentir cette même unanimité, cette entièreté de la nation au moment où notre vie politique est minée par les intrigues, où les partis sont des factions de politiques. Parce que Poutine donne à son pays une mission, sauver les russophones, quand notre pays à la tête plongée dans ses querelles intestines et le Peuple erre sans but et que notre président et sa fine équipe, au mieux on y est indifférent, au pire (pour eux) on les déteste, d’ailleurs est-ce que c’est un hasard si le ministre préféré des français soit Manuel Valls, bien que je le trouve tout à fait insupportable et ignoble, c’est lui qui a la façade la plus autoritaire et « déterminée » de tout le gouvernement, un peu comme une pâle copie de Poutine.

Parce qu’il fait face aux occidentaux :

Alors que l’occident s’insurge contre le référendum et l’annexion de la Crimée à la Russie, Poutine le fait sans reculer d’un pas. C’est l’antiaméricanisme (je pèse bien mes mots) qui motive le soutien à Poutine plus que tout autre chose. Pourquoi, parce que Vladimir Poutine incarne la résistance à ce que les charlatans nomment « l’Empire », vous savez cette organisation étrange dirigée par Israël, ayant pour bras armé les États Unis et pour valet l’Union Européenne matérialisée par l’OTAN, un axe « atlanto-sioniste » si on en croit les experts de forums sur le net, une organisation qui priverait nos pays de leurs souverainetés réelle au profit d’organisations supra nationales aux méthodes mafieuses. Et bien Poutine c’est tout l’inverse, lui c’est le souverainiste indépendant, pas Eltsine bradait son pays aux oligarques issus du PC de l’URSS. Poutine lui n’hésite pas à exproprier et nationaliser les grandes entreprises, ce qui fait opposition à nos grandes entreprises énergétiques qui dictent la politique étrangères des pays occidentaux. Avec Poutine, c’est la nation qui prime, du moins c’est ce qu’on croit, puisque les grands oligarques russes sont les amis de Poutine, et que le fossé riche pauvre en Russie est abyssal. En somme Poutine c’est le souverainisme contre la « gouvernance globale », ce qui motive les soutiens de Poutine en Occident. De plus, on peut noter un certain attrait, pour ceux qui soutiennent Poutine pour l’exotisme russe. Je crois voir une certaine nausée quant à la présence et l’omniprésence des États Unis sur le jeu international. Un ras le bol de voir les U.S dicter leur loi à l’Europe et de les embarquer dans des aventures moyen-orientales et perdre les soldats des armées nationales pour des guerres que nous ne voulons pas. Avec Poutine, c’est l’émergence d’une ancienne grande puissance qui veut se recréer, et pour cela tente de s’imposer (mais on voit que c’est un échec) sur la scène internationale, le retour à un monde où il n’y avait pas une mais deux puissances qui s’affrontaient et qui permettait de choisir à qui donner son cœur. De plus Poutine a toujours été, antiaméricain de principe, il s’est toujours opposé de façon systématique à ce que faisaient les États Unis, et à même proposé une solution de règlement du conflit syrien (contrôle et destruction des armes chimiques -peu importe si elles ont été tirées par les islamistes ou les forces fidèles au régime- de Bachar Al Assad) à laquelle Obama s’est conformée. Cela montre que les antiaméricains trouvent dans Poutine et la Russie le porte voix d’un ras le bol des américains, non pas de leurs politiques étrangères, mais bien de la xénophobie vis à vis du Peuple américain lui même, et Vladimir cristallise ainsi les soutiens et les espoirs pour certains d’un monde dominé non pas par l’économie de marché mais par le pouvoir financier des oligarques et l’obéissance inconditionnelle à un seul homme.

Bilan :

Pour conclure je dirais que ceux qui soutiennent mordicus Poutine, ne le font pas pour prouver le bien fondé de l’intervention en Crimée, qu’ils soit dans son droit ou non, ce n’est pas la question ici. Mais ils le font car ils sont attirés par la figure fabriquée de l’homme fort bienfaiteur de son Peuple, pas le carriériste occidental. Parce qu’ils aiment la Russie non pas pour ce qu’elle est mais pour ce qu’elle n’est pas, aux ordres de l’Amérique.

Quelques liens pour creuser un peu :

la religion, de la spiritualité à l’identité ?

Données générales du problème.

La religion a perdu pour beaucoup sa spiritualité. La religion qui auparavant liait l’homme à Dieu devient peu à peu le lien qui unit un homme à sa culture et à sa société. La communauté des religieux, qui auparavant était la communauté des croyants devient la communauté, progressivement des européens, des moyen-orientaux … La religion passe peu à peu du fait spirituel au fait identitaire. Certains ne se définissent plus comme, par exemple, simplement chrétien ou musulman, auparavant la question ne se posait pas, être sujet du roi de France, ou citoyen post-révolutionnaire était nécessairement chrétien, au maximum catholique et protestant ou juif, mais les derniers étaient très minoritaire, l’énorme majorité était catholique. De même pour les musulmans, ce constat est toujours valable aujourd’hui dans beaucoup de pays, par exemple le Pakistan, on est pakistanais ET musulmans ou plutôt pakistanais DONC musulmans, au maximum certaines branches de l’Islam sont présentes (chiites), et les chrétiens aussi, sont au mieux minoritaires, au pire persécutés. L’exemple est peut être le plus vrai en Israël, où les israéliens sont juifs, ce qui ne le sont pas sont des citoyens, perçus comme une menace potentielle (le discours de la droite israélienne) . D’ailleurs en ce qui concerne Israël, si la judéité est évidente à l’intérieur, elle l’est moins à l’extérieur, car l’État hébreu est entouré d’États, sinon officiellement musulmans du moins à forte population musulmane, c’est pour cela qu’il rajoutent État Juif d’Israël, car dans la région tout le monde n’est pas juif, et que le mot « juif » doit constituer un élément d’identité. A partir de ce moment, la question de l’identité religieuse se pose moins, voire pas du tout, car c’est une évidence, et le spirituel prend toute la place dans le fait religieux.

Aux origines du passage du fait spirituel au fait identitaire.

Quelle est donc cette rupture, le moment où l’appartenance religieuse n’est plus une évidence, donc devient élément d’identité. Comme je m’attache ici à traiter de la France, je parlerais du catholicisme, la religion encore malgré tout dominante dans le pays. On peut faire remonter le catholicisme à la Révolution Française, plus particulièrement à 1790 et à la Constitution Civile du Clergé. Si la Révolution met en place un régime non augustinien, créé donc la séparation entre le citoyen et le fidèle, c’est la Constitution Civile du Clergé qui entreprend l’opposition au sein de chaque individu, l’opposition du citoyen, et le croyant. Je vais prendre ici l’exemple de la Bretagne, région fort pratiquante. Si les bretons ont plutôt bien accueilli les réformes de la « Nuit du 4 août » et qu’ils ne s’opposaient pas à l’abolition des privilèges du Clergé et de la noblesse (de toutes manières les gentilshommes et les prêtres locaux n’étaient pas beaucoup plus riches que leurs paysans), c’est la Constitution Civile du Clergé qui créée la rupture en Bretagne, et la fait basculer dans la Contre Révolution. Parce que ce texte assujettit un des élément constitutif de l’identité de ces nouveaux citoyens (la religion) au profit de l’État séculier alors que les deux étaient avant indissociables. En effet, les prêtres pour pouvoir exercer le sacerdoce devaient prêter serment à la Constitution, et prier pour elle à chaque fin de sermon, et les évêques sont nommés par les préfets de départements. Ce qui induit donc que le spirituel est assujettit au temporel, le choc est donc inévitable.

La religion comme élément d’identité : l’exemple de la France.

C’est quand la question de l’appartenance religieuse n’est plus une évidence, que le fait religieux passe du spirituel à l’identitaire. C’est pour cela que de nouvelles problématiques émergent quant à la religion. Prenons la France pour exemple, la fille aînée de l’Église Catholique. Aujourd’hui les français qui donnent encore de l’importance à la religion ne se soucient plus du tout du dogme. Qui se préoccupe encore de savoir si la France doit être Gallicane (Église de France) ou Catholique, quel prêtre toulousain se soucie du catharisme en son diocèse. Aujourd’hui on se demande quelle est la place de la religion, en France, et quelle place la France accorde-elle encore à la religion quand la France était catholique, la question ne se posait pas, puisque la politique était à l’heure de l’Augustinisme (l’État doit permettre à chacun d’avoir les conditions nécessaires à son Salut, politique et religion sont donc consubstantielles). J’en veux pour preuve des faits plus ou moins marquants de la vie politique française, qui ont tenté de faire la part des choses stricto sensu entre le fait religieux et l’État séculier. En ce qui concerne le catholicisme, on peut prendre l’exemple du Concordat signé entre la France et le Saint Siège en 1803, qui laisse le libre culte du catholicisme en France et qui dispense les prêtres de prêter serment à la Constitution française. On peut prendre aussi, mais c’est plus marginal, les concordats signés avec les protestants et les juifs. C’est la même chose, mais plus récemment pour les musulmans et le conseil français du culte musulman (2003), qui fait intervenir d’une part l’État Séculier, la République, et de l’autre les représentants des fidèles musulmans en France, notamment dans la formation des imams. Ainsi, l’essentiel du débat religieux passe du spirituel à l’identitaire. La religion devient alors constitutive de l’identité de l’individu, je suis à la fois fidèle de telle ou telle religion, ou d’aucune et à la fois citoyen de la République Française. Ces concordats et conseils sont donc des instances de réconciliation entre ces deux éléments. Les athées et bouffeurs de curés (extrémistes athées) et d’imams sont eux aussi marqués, qu’ils le veuillent ou non par cet aspect identitaire de la religion, une seule donnée de l’équation change, la non croyance tout simplement. Ce qui veut dire que les athées sont d’une part, citoyens de la République Française, mais également non fidèles d’une quelconque religion, d’ailleurs, signifier que l’on est athée montre justement que ce n’est pas une évidence, sinon ça irait de soi, et que l’athéisme est un élément d’identité, l’identité non religieuse pour les plus tolérants, et antireligieuse pour les plus intolérants. Les concordats et conseils avec les différentes religions et confessions ont donc vocation à réunifier ces deux données identitaires qui ont été à un moment en rupture.

Recherche d’identité et dérives.

On note toutefois des dérives dans ce fait identitaire, et là encore, c’est lorsqu’il y’ a rupture encore une fois dans les deux éléments constitutifs de l’identité de l’individu, mais que l’un des deux cherche à dominer l’autre, et c’est à chaque fois l’élément religieux qui est à l’initiative de cette confrontation entre citoyenneté et confession. C’est pour cela que l’on parle de dérive sectaire, de fondamentaliste et de traditionalisme. Pourquoi ? Parce que, comme ça a été dit auparavant, l’appartenance au corps des citoyens de la République est une évidence, que ce soit par choix (naturalisation), naissance (droit du sol), mariage (droit du sang). La citoyenneté est donc une évidence, la question ne se pose pas, et la citoyenneté n’a pas à prendre le pas sur la confession. Par contre, comme je l’ai dit, l’appartenance à une religion quelconque, ou la non religiosité, n’est pas une évidence, en particulier dans un pays (pas dans l’État, la France est laïque) multi-confessionnel, c’est elle qui doit se trouver une place au sein de l’identité de chaque individu. Bien qu’il y’ ait comme je l’ai dit des instances officielles pour régler la question (1803, 1905, conseils français du culte musulman…), la question peut éventuellement être plus difficile à régler à l’échelle de l’individu. C’est dans cette tentative de faire la part des choses au sein de l’identité de chacun qu’on peut assister à des dérives, notamment quand la religion tend à prendre le pas sur la citoyenneté. Cela peut induire plusieurs conséquences. Au mieux la marginalisation de l’individu vis à vis du corps citoyen, ce qui peut se manifester par un désintérêt, voire une hostilité vis à vis de l’État séculier et des ses institutions, qui sont vu, parce qu’elles tiennent les confession à l’écart comme une entrave à l’identité de l’individu, en particulier quand la volonté est de faire prédominer son appartenance à une confession plutôt qu’à une nation. Le pire des cas est celui où l’individu manifeste clairement en publique son hostilité vis à vis de l’État séculier, et que l’opinion religieuse se manifeste de façon véhémente au sein de l’espace publique (hors lieux de cultes et habitat privé), ce qui constitue une tentative de faire pénétrer le religieux dans la société civile et de briser l’équilibre citoyen publique / religieux, ou non religieux privé. On peut alors parler de traditionalisme, de fondamentalisme ou de « bouffeurs de curés ».

La liberté d’expression, arme absolue du pouvoir

La liberté d’expression, un principe glané par tous ceux qui veulent s’opposer au grand jour à « l’oligarchie », à la « pensée unique », au « nouvel ordre mondial ». En somme la liberté d’expression serait l’arme la plus dangereuse contre le pouvoir établi, pourtant, telle qu’elle existe et telle qu’elle est exercée c’est le meilleur moyen pour le système de vivre, de se pérenniser, et ce par de multiples moyens. Certains sont, il faut le reconnaître bigrement ingénieux.

La fabrique de l’électron libre

Toutefois, dans notre République, il faut savoir conserver un masque de liberté d’expression, c’est pourquoi les gouvernants ont trouvé une astuce judicieuse mais pernicieuse : ils fabriquent eux-même des électrons libres. Ces électrons libres au service de leurs maîtres se trouvent dans la presse notamment. Pourquoi la presse ? Parce que la censure à la télévision est tellement évidente que la presse écrite semble parfois être le seul média indépendant. Ces électrons libres créés de toutes pièces se retrouvent dans des journaux comme Charlie Hebdo, par exemple. Ces journaux, sous le faux semblant de l’irrévérence sont l’instrument du pouvoir pour nous donner une idée imposée de liberté d’expression, de contre pouvoir dans la conscience des masses, et par ce jeu d’équilibre nous donner l’illusion de l’équilibre principe par excellence démocratique.

Certains journaux ont même la fonction de borne, de garde-fou, d’ultime frontière à la liberté d’expression telle que voulue par les gouvernants, ils sont volontairement mis en position « border line », pour nous laisser le droit de nous insurger dans les limites du convenable, on peut prendre par exemple la une (assez grossière et insultante d’ailleurs) de Minute récente sur la Garde Des Sceaux. Je ne prétends pas par là que le racisme est garant de la liberté d’expression, bien au contraire. Ce que je reproche aux gens, c’est de s’insurger contre quelque chose que l’État condamne lui même, ce qui fait de nous, en fin de compte les valets zélés des gouvernants. D’autant que si cette fameuse et médiocre une de « Minute » était si subversive, les gouvernants auraient eu recours au grossier stratagème de la répression.

Tirer profit des « résistants » :

Là où le pouvoir doit être salué pour son ingéniosité c’est quand il tire sa puissance de ceux qui veulent sa destruction pure et simple, une sorte d’élixir de vie pour les gouvernants. Prenons l’exemple d’Alain Soral, polémiste, « essayiste » et autoproclamé dissident. Il geint d’être entravé dans sa liberté d’expression. C’est d’une part faux, en effet, si il représentait un réel danger pour le pouvoir, les gouvernants se seraient assurés de le réduire au silence, y compris par les moyens brutaux. En plus d’être inoffensif, il sert la puissance des dominants par son existence même. Pourquoi ? par ce qu’il dit et par sa façon de le dire. Sa façon de dire les choses est violente, il est grossier et débite à chaque prise de parole un flot ininterrompu de mots savants, ce qui impressionne la plupart des gens, les mots violents, alors que le Peuple est habitué à la langue de bois des politiques et leur langage condescendant mais compréhensible pour les esprits communs, alors qu’un langage trop érudit leur brouillerait l’esprit habitué à la télévision et ses phrases bateaux. Au delà de la forme, le fond du discours de Soral pousse les gens dans les bras du pouvoir. Pourquoi parce que l’ambition de Soral est de détruire purement et simplement le système. Or détruire le système existant nécessite la création d’un nouveau, or s’il est nouveau, il est par définition inconnu et l’inconnu est effrayant pour nos esprits étriqués et nous préférons rester dans l’obéissance servile, d’un système connu, que nous savons corrompu et injuste, mais auquel nous sommes habitués et nous dispense d’efforts fatiguants d’accoutumance à un nouveau système. Voilà pourquoi Soral, malgré ses diatribes antisystème est un des meilleurs garants dudit système.

La répression citoyenne :

Mais trêve d’accusations contre les gouvernants. Le maître n’est pas le seul à blâmer, ses valets le sont aussi dans une certaine mesure. Ces valets ce sont nous, les citoyens, pétris de dissidence servile à l’autorité. Les gouvernants ont tellement bien fait leur travail, ils ont imprégné l’esprit du Peuple de leurs valeurs imposées si profondément, qu’ils n’ont même plus besoin d’intervenir. Cette situation est remarquable dans les discutions à contenu politiques. Nous sommes prompts à relayer d’une manière ou d’une autre les idées dominantes et imposées et aussi et surtout à réprimer les idées qui se démarquent vraiment de celles des gouvernants. C’est ce que l’on pourrait appeler la « répression citoyenne ». Admettons une discussion dans une université, lieu où les citoyens sont à priori assez politisés. La discussion porte sur la nature du régime idéal. Un des interlocuteurs va prendre la parole et affirmer que selon lui, le régime parfait résiderait dans un régime totalitaire, liberticide d’inspiration fasciste. Vous pouvez être surs à 100 % que les réactions des autres interlocuteurs lui seront hostiles. Que ce soit l’antifasciste qui refuse ce qu’il appelle fascisme car son collectif lui a dit de détester ce mot, ou le « jeune populaire » décomplexé ultra libéraliste, tous auront la réaction voulu par les gouvernants : la condamnation du fascisme. Ironiquement, les vrais fascistes sont ceux qui le condamnent puisqu’ils ont une réaction systématiquement hostile envers ceux qui ont des idées différentes, et qu’ils sont, sans le vouloir certes, au service des gouvernants.

Qu’est ce que la liberté d’expression dans ce cas?

Si définir la liberté d’expression est impossible hors des cadres imposés par les gouvernants, on peut néanmoins dire ce qu’elle n’est pas. Une chose est sûre, c’est qu’elle est faite pour gêner, apporter un contre poids à la puissance dominante. En somme exercer sa liberté d’expression c’est s’opposer à des idées, à une caste, celle des gouvernants, vouloir y opposer une alternative, en somme se vouloir la puissance opposée à celle qui gouverne. Cela veut dire que la liberté d’expression ce n’est pas, ce n’est jamais une attaque personnelle envers quelqu’un car cela voudrait dire attaquer quelqu’un sur ce qu’il n’a pas choisi, au lieu de s’attaquer à lui pour sa façon de gérer et de concevoir le pouvoir. Ainsi, la liberté d’expression ne saurait reposer dans des attaques racistes, homophobes, car c’est quelque chose qu’on ne choisit pas, par contre attaquer par la presse écrite ou par des diatribes assassines quelqu’un qui est un piètre gouvernant, voilà une chose juste et saine, vraiment démocratique. La couleur de peau, la religion ou la sexualité (entre autres) de quelqu’un doit être une coïncidence mais jamais la cause ou la conséquence de l’attaque et de l’irrévérence, sans quoi ce qu’on prétend être liberté d’expression ne serait que méchanceté et stupidité ce qui n’est que nuisible pour la liberté d’expression.

Médiocre dissidence

Le système occidental, est depuis quelques années très décrié par différents mouvements se réclamant de la dissidence, que ces mouvements soient nationalistes, anarchistes, internationalistes, alter-mondialistes.

 

Or cette dissidence qui se veut une alternative au système aujourd’hui en place, ne semble valoir guère mieux que celui qui nous est actuellement proposé. Ces mouvements de dissidence, se positionnent, par définition à l’encontre de ce qu’ils nomment, et la bien nommée d’ailleurs « pensée unique » mais agissent comme le système dominant, ils se donnent un qualificatif alors que c’est au système de leur donner, et enfin ils sont strictement incapables d’exercer le pouvoir, ce qui est pourtant leur but ultime, raison de leurs existences.

 

Ces mouvements sont donc bien médiocres car alors même qu’ils condamnent une pensée unique, qui par sa nature même se réclame de l’exclusivité, ne veut souffrir aucune contestation car sa vocation est à la domination sans partage. Les mouvements autoproclamés dissidents adoptent le même comportement dans leurs volontés d’hégémonie, que ce soit vis à vis du système dominant et aussi au sein même de la sphère « dissidente ». On peut prendre différents exemples, l’opposition la plus remarquable est celle des mouvements « fa », et « antifas », le premier se réclame clairement du nationalisme intégral, du conservatisme, qui va donc à l’opposition des mouvements « antifascistes » qui défendent des valeurs diamétralement opposées.

 

Ces deux mouvements, adoptent cette même volonté d’exclusivité, d’une part vis à vis du système qu’ils jugent malsains, mais aussi vis à vis des autres mouvements dissidents, et on note chez chacun d’eux un refus du débat, ainsi, les mouvements ultra nationalistes refusent en bloc un système dominant corrompu selon eux, et rejettent aussi en bloc les idéaux de leurs ennemis politiques mais compagnons de dissidence. La réciproque est aussi vraie, en effet, les « antifascistes » rejettent en bloc un système qu’ils jugent inégalitaires, mais se comportent aussi en dépositaires d’une pensée unique lorsque quelqu’un ou un autre groupe individus leurs sont opposés sont traités indistinctement de « fascistes ». Ces deux mouvements critiquant donc la dictature de la pensée unique se comporte absolument de la même façon, c’est à dire un rejet de l’alternative et un refus du débat. Un autre exemple est celui de l’association d’ Alain Soral, archétype même de l’autoproclamé dissident (il le dit lui même), ne souffrant aucun avis contradictoire, sous peine de se voir coller l’étiquette de sioniste (si on est un membre du système) ou encore d’idiot utile du système (si on le critique). Soral et son association «  Egalité et réconciliation », se veulent donc dépositaires d’une pensée exclusive qu’ils considèrent salutaire pour le Peuple

 

Ces mouvements autoproclamés dissidents, sont assez arrogants dans le choix du terme résumant leurs places sur la scène politique mais témoigne aussi d’une certaine médiocrité. D’une part l’arrogance du terme. Elle est insoutenable, les dissidents, historiquement, ne sont pas définis comme tels par eux-même mais par le pouvoir dominant, qui voit en eux un danger, les membres donc de la dissidence peu importe leurs natures, le sont dans l’illégalité et parfois même au péril de leurs vies, que ce soit des dissidents religieux (la crainte de l’inquisition par exemple) ou politique (la crainte de la répression politique). Or les autoproclamés dissidents, ne sont ni pourchassés, ni réprimés violemment, ils sont à la rigueur victimes de procédures judiciaires abusives, et les amendes sont sur évaluées on ne saurait le nier, mais ne sont jamais en danger de mort.

 

Ensuite ces mouvements dissidents, qui se réclament de l’opposition au système en place, n’existent que parce que le système qu’ils entendent dénoncer leur permet d’exister, et ne prend aucune disposition particulière, exceptionnelle pour les jeter à bas, ce qui permet de juger la faiblesse de ces mouvements, et malgré les abus indéniables, honteux, et révoltants du systèmes, témoigne de la solidité et d’une certaine perméabilité du système vis à vis de ses autoproclamés « dissidents ».

La médiocrité de ces mouvements quant à elle, se remarque de par leurs identités même. Ils sont dissidents. Si ils sont dissidents, c’est justement parce que le système, sans les persécuter, les tient à l’écart du pouvoir. Si ils sont à l’écart du pouvoir c’est qu’ils ne peuvent renverser le pouvoir existant car leurs doctrines n’est pas capable de soulever les masses et dans le cas contraire, incapable d’assurer l’exercice du pouvoir. Historiquement, les mouvements dissidents, ont à terme réussi à prendre le pouvoir, que ce soit à court ou long terme ou à prendre un poids tel dans la société que le système n’a pu les marginaliser éternellement (les sectes chrétiennes dans l’Empire Romain, les révolutionnaires étasuniens, les révolutionnaires russes, et beaucoup d’autres encore tant religieusement que politiquement).

 

Ensuite, les mouvements autoproclamés dissidents, dont la vocation est la prise de pouvoir, puisque leurs créations résulte d’une volonté de briser un système et de le changer par un autre, projet réalisable uniquement par la prise de pouvoir. Or, ces mouvements dissidents sont dans l’incapacité totale de prendre le pouvoir, ils sont bien trop éloignés de la réalité de l’exercice du pouvoir de par leurs caractère doctrinaire. C’est justement leurs faiblesse, le pouvoir réside, qu’on le veuille ou non dans la capacité à faire du compromis, afin de ménager plusieurs partis aux projets opposés, ou dans un autre registre, si la volonté est d’établir un État totalitaire, le mouvement anciennement dissident maintenant au pouvoir se retrouverait avec une rébellion sur les bras, portée par des vrais dissidents pour le coup, car leurs dissidences existent par opposition à un système liberticide, donc au péril de leurs libertés voire de leurs vies.

 

En somme, la réelle dissidence ne s’autoproclame jamais comme telle mais subit une étiquette plutôt que de l’arborer comme une décoration qu’on s’est confectionné soi même, elle l’est au péril de sa vie, et n’existe que dans la clandestinité, pour un jour, prendre le pouvoir, tant son projet aura pénétré l’âme des Peuples (peu importe ses idées, qu’on les considère scandaleuses ou vertueuses) et jeter à bas un système jugé corrompu par eux. Or les mouvements de « dissidences » actuelles ( ultra nationalistes, monarchistes, centristes extrêmes – communistes- Egalité et réconciliation – anarchistes) ne peuvent prétendre à un tel titre.