Archives de Catégorie: réflexions

Mutations politiques (2) : l’émergence du chaos frontiste

Comme je l’ai mentionné dans le précédent article, on peut pressentir une faillite finale des partis traditionnels. Mais la nature a horreur du vide, et elle cherche toujours à le combler. En effet, théoriquement, le centre gauche et le centre droite vont peut être laisser un vide considérable au sein de l’espace politique. L’extrême gauche est-elle trop faible depuis longtemps et ne peut pas prétendre réunir la France en un tout homogène. Mais un autre parti, d’extrême droite lui prétend pouvoir le faire, et si on en croit ses résultats toujours plus impressionnants en prend malheureusement le chemin.

Le Front national dans son nom même se pare de la tentative de réconciliation nationale. En effet les deux termes font la synthèse entre la gauche et la droite. Le mot front prend ici la dimension de la gauche. Les fronts ont été au long de l’Histoire un terme utilisé par les mouvements de gauche, en réaction au danger fasciste. Je pense notamment au Front Populaire français des années 30 qui a formé une coalition puissante en réaction aux Ligues fascistes. Le mot front d’ailleurs renvoie à l’idée d’ensemble, d’annulation de l’individu au profit d’un tout qui le dépasse, hors l’annulation de l’individu au profit d’un ensemble plus grand que lui est typique de la gauche (je pense au communisme selon lequel l’individu ne compte pas, seule la classe à laquelle il appartient compte). Politiquement, le front renvoie à l’idée de défense en front, de type front guerrier, afin de défendre les principes républicains, contre les assauts de la réactions. Ce qui s’est justement passé en 1934 quand la gauche s’est unie (pour une fois) contre la menaces des ligues réactionnaires en plein essor, comme dans les autres pays d’Europe occidentale. Cette dimension gauchiste se retrouve aussi dans la défense du travailleur contre le capitalisme international qui ne répond qu’aux intérêts du profit de la classe capitaliste bourgeoise. Par exemple, les premiers à s’être insurgés contre les grandes structures capitalistes tels que les supermarchés sont les poujadistes, dont Jean Marie Le Pen a été un des fidèles. Il s’oppose également au capitalisme de la finance, qui menace les acquis sociaux des travailleurs au profit d’une classe oisive de patrons des plus grandes multinationales sur la planète.  Le front national porte donc en lui une dimension de gauche.

Mais classer le front national à gauche serait une hérésie, car elle a véritablement une dimension de droite, la dimension nationaliste. Ici c’est clair la dimension nationale est clairement affichée c’est un front « national ». Le nationalisme s’oppose à la gauche, car depuis la révolution française, la gauche révolutionnaire se prévalait de valeurs à vocations universalistes, telles que la raison contre le mysticisme d’ancien régime. le nationalisme, à contrario de la gauche défend des valeurs locales, ainsi la France selon le nationalisme a des particularismes et ne saurait disparaître et renoncer à valeurs locales au profit d’un ensemble régit par des valeurs universelles. Ce nationalisme est aussi celui de la différence au nom des peuples. Le Front national porte en lui des valeurs culturelles et dans une certaine mesure culturelle. En effet, le front national prône la préférence nationale à l’emploi (donc la synthèse de la gauche du travailleur et du nationalisme du français), la lutte contre l’immigration, qui est une valeur locale, la France aurait donc une dimension ethnique. Mais aussi le front national porte en lui un nationalisme culturel, ce qui se montre par la lutte contre la prétendue « islamisation » de la France, qui est néfaste selon eux car la France est certes traditionnellement catholique. Le Front national est donc non seulement de gauche mais aussi de droite en référence à son nationalisme ethnique et culturel.

Mais pourquoi parler de chaos quand je fais référence à l’émergence du Front National ? Parce que les régimes qui ont prétendu faire la synthèse des valeurs de la gauche et de la droite, on retrouve les régimes totalitaires des années 20 à 30. En effet, en Europe on a vu l’émergence en Italie du fascisme, du national-socialisme en Allemagne, du Communisme dans un seul pays en URSS. En ce qui concerne l’Italie, Mussolini a fait la synthèse de la droite corporatiste et réactionnaire, mais a aussi accordé des acquis sociaux aux travailleurs italiens. Le National Socialisme allemand a lui aussi opéré cette synthèse, car il était national et socialiste donc de gauche et de droite. L’URSS de Staline était lui aussi une synthèse comparable, entre le communisme (de gauche) dans un seul pays (donc nationaliste de droite). Or on connaît les dangers que représentent ces synthèses politiques.

 

PS :  cette théorie de la fusion de la gauche et de la droite dans les régimes totalitaires sont à mettre au crédit de l’Historien Fabrice Bouthillon enseignant à l’UBO (pôle de Brest), spécialiste de l’Histoire religieuse et politique, depuis la révolution française et se base notamment sur le temps long.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Bouthillon

une citation de Jean Marie Le Pen trouvée sur Wikipedia

 En France, Jean-Marie Le Pen déclare par exemple être « économiquement de droite, socialement de gauche et nationalement de France » 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite

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Mutations politiques ? (1) La faillite finale des partis traditionnels ?

Ces quelques dernières semaines m’ont fait pensé à un crépuscule des Dieux, l’Olympe des partis historiques et prépondérants s’effondre, leurs élites, ces Dieux du système tentent de sauver les apparences mais personne n’y croit plus. Mais la nature a horreur du vide, alors que l’équilibre ancien en politique s’effondre, un autre système risque (risque) de prendre sa place, guère plus enviable.

Les élections européennes, la faillite du socialisme de caviar :

Le Parti Socialiste s’est pris une raclée aux élections européennes. Cette défaite du parti socialiste c’est celle de l’Union Européenne telle qu’elle est proposée actuellement. Elle est trop technocratique, trop éloignée de la réalité et du concret. Le parti socialiste n’a plus rien de gauchiste. Tout d’abord, il ne répond plus à l’intérêt général, mais aux intérêts particuliers, des lobby élitistes et influents, donc un procédé de droite, celui de la nouvelle oligarchie. Ensuite, le parti socialiste, qui à sa création prétendait défendre les travailleurs,si tant est que le socialisme représente les travailleurs, ne répond justement plus aux intérêts des travailleurs, qu’ils soient employés ou travailleurs/propriétaires, autrement dit du sain capitalisme. Le parti socialiste se plie aux exigences du lobby du grand patronat (MEDEF), qui vivent sur le travail des autres, par le système de rente ou d’actionnariat et non de leurs labeurs. Le parti socialiste a failli dans la prétendue mission qui était la sienne, défendre le bien de la société, le bien général, mais bascule dans la mauvaise droite, une droite de l’oligarchie nouvelle. Le camouflet qu’ils ont reçu aux dernières élections (européennes) n’est que l’éclaireur de la raclée qu’ils se prendront aux prochaines échéances électorales. Voyant qu’il perd la main, le gouvernement socialiste a nommé en premier membre du gouvernement Manuel Valls, un homme autoritaire qui entend, à défaut de reprendre le combat de la légitimité serrer la vis à la société au détriment de la liberté. Si on veut résumer on peut dire ceci: le socialisme, une imposture en soi, s’est écarté de son pendant de gauche : défense des travailleurs ou petits propriétaires, soucis du bien commun au profit des intérêts particuliers, et les libertés, surtout celle d’opinions et de paroles ont été tronquées, préférant abattre les libertés individuelles plutôt que de laisser le Peuple se responsabiliser et comprendre de lui même ce qui est bon de ce qui ne l’est pas.

La chute de l’UMP : la chute du pognon 

L’UMP, comme son homologue socialiste a connu un sévère désaveu lors des élection européennes, Le Peuple est exaspéré par ce parti, celui du capitalisme débridé, de l’argent sale, de la richesse vulgaire. L’UMP c’est le parti de l’élite de l’argent, de la finance, du capitalisme vulgaire et non honnête. Le Peuple se rend peu à peu compte que cette faction ne peut plus représenter les intérêts du Peuple mais celle d’une caste privilégiée. Cette caste privilégiée, les gens la soupçonnent, comme c’est la tradition en France dès que quelqu’un a « réussi » d’être malhonnête. C’est le cas, l’UMP, sauf peut être Alain Juppé, plus honnête que les autres, a des méthodes douteuses pour accéder au pouvoir, ne croyant qu’en le pouvoir de l’argent sale. On soupçonne Sarkozy d’avoir reçu des soutiens financiers de Kadhafi*lors de sa campagne électorale, ce même personnage arrogant et orgueilleux, que le président autorise à installer suite à un caprice infantile sa tante dans les jardins de l’Elysée en signe de gratitude. Puis quand interviennent les troubles en Libye en 2011, l’UMP s’insurge contre le dictateur, une preuve que l’amitié ne compte pas, qu’elle est à géométrie variable, que seul l’argent compte. L’ UMP serait-elle donc la faction de l’aristocratie ? Non, car l’aristocratie signifie « gouvernement des meilleurs », or les meilleurs ne se laissent pas salir par les basses choses comme l’argent, or, l’argent sale est une tradition dans l’UMP. Preuve en est avec l’affaire Bygmalion** Encore une fois l’UMP pour la course au pouvoir est prêteà avoir recours à des méthodes douteuses. Le Parti aurait demandé à la société créée par Jean François Copé de facturer des meetings n’ayant jamais eu lieu afin de cacher les dépassements autorisés d’argent pour une campagne électorale présidentielle. Une autre affaire écœurante d’argent. Le Peuple se détourne aussi de cette faction, qui après la crise économique de 2008 brasse et fricote avec des hommes qui brassent eux aussi des quantités effrayantes d’argent au sein d’un pays qui s’appauvrit, le Peuple rejette cette oligarchie du fric, et cela se ressent à travers leurs résultats calamiteux aux élections européennes, annonçant le désastre à venir.

Quelques liens pour ne pas me faire attaquer en diffamation:

* sur les soutiens de Kadhafi à Sarkozy:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sarkozy-Kadhafi

http://www.mediapart.fr/journal/international/120312/presidentielle-2007-kadhafi-aurait-finance-sarkozy

** sur l’affaire Bygmalion, l’enquête est en cours, prendre les renseignements avec précautions:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Bygmalion

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/05/26/l-ancien-directeur-adjoint-de-la-campagne-de-sarkozy-reconnait-des-derapages-financiers_4426520_823448.html