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Médiocre dissidence

Le système occidental, est depuis quelques années très décrié par différents mouvements se réclamant de la dissidence, que ces mouvements soient nationalistes, anarchistes, internationalistes, alter-mondialistes.

 

Or cette dissidence qui se veut une alternative au système aujourd’hui en place, ne semble valoir guère mieux que celui qui nous est actuellement proposé. Ces mouvements de dissidence, se positionnent, par définition à l’encontre de ce qu’ils nomment, et la bien nommée d’ailleurs « pensée unique » mais agissent comme le système dominant, ils se donnent un qualificatif alors que c’est au système de leur donner, et enfin ils sont strictement incapables d’exercer le pouvoir, ce qui est pourtant leur but ultime, raison de leurs existences.

 

Ces mouvements sont donc bien médiocres car alors même qu’ils condamnent une pensée unique, qui par sa nature même se réclame de l’exclusivité, ne veut souffrir aucune contestation car sa vocation est à la domination sans partage. Les mouvements autoproclamés dissidents adoptent le même comportement dans leurs volontés d’hégémonie, que ce soit vis à vis du système dominant et aussi au sein même de la sphère « dissidente ». On peut prendre différents exemples, l’opposition la plus remarquable est celle des mouvements « fa », et « antifas », le premier se réclame clairement du nationalisme intégral, du conservatisme, qui va donc à l’opposition des mouvements « antifascistes » qui défendent des valeurs diamétralement opposées.

 

Ces deux mouvements, adoptent cette même volonté d’exclusivité, d’une part vis à vis du système qu’ils jugent malsains, mais aussi vis à vis des autres mouvements dissidents, et on note chez chacun d’eux un refus du débat, ainsi, les mouvements ultra nationalistes refusent en bloc un système dominant corrompu selon eux, et rejettent aussi en bloc les idéaux de leurs ennemis politiques mais compagnons de dissidence. La réciproque est aussi vraie, en effet, les « antifascistes » rejettent en bloc un système qu’ils jugent inégalitaires, mais se comportent aussi en dépositaires d’une pensée unique lorsque quelqu’un ou un autre groupe individus leurs sont opposés sont traités indistinctement de « fascistes ». Ces deux mouvements critiquant donc la dictature de la pensée unique se comporte absolument de la même façon, c’est à dire un rejet de l’alternative et un refus du débat. Un autre exemple est celui de l’association d’ Alain Soral, archétype même de l’autoproclamé dissident (il le dit lui même), ne souffrant aucun avis contradictoire, sous peine de se voir coller l’étiquette de sioniste (si on est un membre du système) ou encore d’idiot utile du système (si on le critique). Soral et son association «  Egalité et réconciliation », se veulent donc dépositaires d’une pensée exclusive qu’ils considèrent salutaire pour le Peuple

 

Ces mouvements autoproclamés dissidents, sont assez arrogants dans le choix du terme résumant leurs places sur la scène politique mais témoigne aussi d’une certaine médiocrité. D’une part l’arrogance du terme. Elle est insoutenable, les dissidents, historiquement, ne sont pas définis comme tels par eux-même mais par le pouvoir dominant, qui voit en eux un danger, les membres donc de la dissidence peu importe leurs natures, le sont dans l’illégalité et parfois même au péril de leurs vies, que ce soit des dissidents religieux (la crainte de l’inquisition par exemple) ou politique (la crainte de la répression politique). Or les autoproclamés dissidents, ne sont ni pourchassés, ni réprimés violemment, ils sont à la rigueur victimes de procédures judiciaires abusives, et les amendes sont sur évaluées on ne saurait le nier, mais ne sont jamais en danger de mort.

 

Ensuite ces mouvements dissidents, qui se réclament de l’opposition au système en place, n’existent que parce que le système qu’ils entendent dénoncer leur permet d’exister, et ne prend aucune disposition particulière, exceptionnelle pour les jeter à bas, ce qui permet de juger la faiblesse de ces mouvements, et malgré les abus indéniables, honteux, et révoltants du systèmes, témoigne de la solidité et d’une certaine perméabilité du système vis à vis de ses autoproclamés « dissidents ».

La médiocrité de ces mouvements quant à elle, se remarque de par leurs identités même. Ils sont dissidents. Si ils sont dissidents, c’est justement parce que le système, sans les persécuter, les tient à l’écart du pouvoir. Si ils sont à l’écart du pouvoir c’est qu’ils ne peuvent renverser le pouvoir existant car leurs doctrines n’est pas capable de soulever les masses et dans le cas contraire, incapable d’assurer l’exercice du pouvoir. Historiquement, les mouvements dissidents, ont à terme réussi à prendre le pouvoir, que ce soit à court ou long terme ou à prendre un poids tel dans la société que le système n’a pu les marginaliser éternellement (les sectes chrétiennes dans l’Empire Romain, les révolutionnaires étasuniens, les révolutionnaires russes, et beaucoup d’autres encore tant religieusement que politiquement).

 

Ensuite, les mouvements autoproclamés dissidents, dont la vocation est la prise de pouvoir, puisque leurs créations résulte d’une volonté de briser un système et de le changer par un autre, projet réalisable uniquement par la prise de pouvoir. Or, ces mouvements dissidents sont dans l’incapacité totale de prendre le pouvoir, ils sont bien trop éloignés de la réalité de l’exercice du pouvoir de par leurs caractère doctrinaire. C’est justement leurs faiblesse, le pouvoir réside, qu’on le veuille ou non dans la capacité à faire du compromis, afin de ménager plusieurs partis aux projets opposés, ou dans un autre registre, si la volonté est d’établir un État totalitaire, le mouvement anciennement dissident maintenant au pouvoir se retrouverait avec une rébellion sur les bras, portée par des vrais dissidents pour le coup, car leurs dissidences existent par opposition à un système liberticide, donc au péril de leurs libertés voire de leurs vies.

 

En somme, la réelle dissidence ne s’autoproclame jamais comme telle mais subit une étiquette plutôt que de l’arborer comme une décoration qu’on s’est confectionné soi même, elle l’est au péril de sa vie, et n’existe que dans la clandestinité, pour un jour, prendre le pouvoir, tant son projet aura pénétré l’âme des Peuples (peu importe ses idées, qu’on les considère scandaleuses ou vertueuses) et jeter à bas un système jugé corrompu par eux. Or les mouvements de « dissidences » actuelles ( ultra nationalistes, monarchistes, centristes extrêmes – communistes- Egalité et réconciliation – anarchistes) ne peuvent prétendre à un tel titre.